E.motion Graphique: Traits d'Union
Arts/Expos > Article |
Après Istanbul Traversée cet été, le Palais des beaux-arts de Lille troque de nouveau ses cimaises pour des écrans plasma. Les films d’animation se mêlent aux collections permanentes, établissant un audacieux parallèle avec le dessin classique. Reste à en évaluer la pertinence.
Imaginée par Régis Cotentin et Cornélia Hattori, l’exposition E.motion graphique sonde « les effets de permanence entre l’art du passé et les pratiques contemporaines ». En l’occurrence entre le dessin académique, tel qu’il se pratique du xvie au xixe siècle, et la conceptualisation numérique. Pour cela, les deux commissaires ont réuni 170 esquisses et croquis de maîtres (Raphaël, de Vinci, Michel Ange, Pontormo, Fantin-Latour, Delacroix, David, Watteau, Matisse…) pour les confronter à un florilège de vidéos réalisées en images de synthèse. à priori tout oppose un clip de Björk et une esquisse à la pierre noire, alors pourquoi ce choix ? Pour révéler, justement, la continuité des méthodes là où on l'attend le moins.
Dévoiler à dessein. « Le graphisme contemporain concentre toutes les formules de l’illusion visuelle », explique Régis. « Pour beaucoup, ces techniques ne sont que les masques de médiums plus anciens. Elles répondent aux mêmes problématiques esthétiques ». Pour le prouver, les sections du parcours correspondent aux étapes inaliénables de l’apprentissage académique : étude de l’anatomie, du nu, des expressions du visage, de la perspective, des drapés, des symboles mythologiques et enfin des paysages. Certains rapprochements opérés sont concluants, comme entre ces écorchés du xixe et l'anatomie pixellisée d'un danseur de buto en 3D (Yann Bertrand et Damien Serban). On pense également à un dessin préparatoire de Cordonnier, dont les mesures apparentes rappellent les « squelettes » qui servent de base à la conception de corps artificiels. Globalement, les similitudes techniques mériteraient un supplément d’explications. En attendant, E.motion graphique crée un passionnant dialogue esthétique et se boit... d’un trait.
texte ¬ Judith Oliver
photos¬ The Blackheart Gan
Cocoon, clip de Eiko Ishioka pour Bjork © Mother One Little Indian
❥ E.MOTION GRAPHIQUE
jusqu’au 22.02, Lille, Palais des beaux-arts, tlj sf mar, 10h>18h (sf lun, 14h>18h), 5,50/3,80€, +33 320 06 78 00
Dans la même rubrique
Coup franc
Un homme du Monde
Le nez dans le guidon
Sortir des clichés
Panorama de la photographie contemporaine africaine, les rencontres de Bamako sont l'une des rares alternatives au regard sensationnaliste et condescendant que l'on porte sur un continent pluriculturel.
La Centrale Electrique accueille pour la deuxième fois le palmarès de cette prestigieuse compétition.

Retrouvez toute l'actualité des festivals avec plus2festival.com
Letsmotiv.com et son partenaire voyagenbus.com vous invitent à parcourir l'Europe en bus : retrouvez ici nos meilleures offres.