Qu'un seul tienne et les autres suivront
Cinéma/DVD > Article | Mots clés : cinema film sortie
Le premier film de Léa Fehrer parle de la prison et de l'isolement social à travers les récits parallèles des histoires de trois personnages banals.
La prison comme dernier lieu d’échanges sociaux ? C’est l’hypothèse gonflée d’un certain cinéma français, cette année : évidemment dans Un prophète, le film de Jacques Audiard, et dans une moindre mesure dans Je suis heureux que ma mère soit vivante, celui de Claude et Nathan Miller. Hasard (ou pas ?), un acteur de chacun de ces films (Reda Kateb pour le premier, Vincent Rottiers pour le second) se retrouvent au générique de Qu’un seul tienne et les autres suivront. Mais ils ne s’y croiseront pas ou presque, à l’écran. Logique quand le puissant premier film de Léa Fehner a pour toile de fond l’isolement social qui guette tout un chacun aujourd’hui.
Via trois histoires de personnages des plus banals (une ado, un précaire, une mère). Surtout quand, comme tant d’autres aujourd’hui, ces personnes ne sont qu’à un pas de basculer dans le précipice qu’à creusé la réalité économique et sociale. Fehner les rapproche peu à peu, au fil de récits parallèles d’une rare densité, dans un parloir, seul endroit où ils pourront enfin exprimer la brutalité de leur quotidien. Que la jeune réalisatrice ait choisi comme endroit où formuler ses doléances, celui qui sépare un monde prétendu libre d’un concret enfermement entre quatre murs, en dit long sur sa perception de la France contemporaine. Celle où beaucoup sont désormais à la peine… /
Texte ¬ El Borbah
QU’UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT De Léa Fehner. Avec Pauline Étienne, Farida Rahouadj, Reda Kateb… Sortie le 9.12

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