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La Horde

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Nouvelle tentative de cinéma de genre en France, La Horde affiche une nouveauté : être assumé comme un film du samedi soir, décomplexé et fun. Rencontre avec Benjamin Rocher et Yannick Dahan, les co-réalisateurs du film.


 

La Horde reprend les codes du film de zombie, mais tout en visant un public plus large que les fans du registre ?

Benjamin Rocher : C’est vraiment devant l’objet fini qu’on s’est aperçu que c’était un sujet restreint en terme de public en France. Mais l’envie de départ était de l’aborder à l’inverse du cinéma d’horreur récent, à la Saw ou Martyrs qui joue la carte du sadisme. Nous voulons être accessibles au plus grand nombre en faisant du divertisssement.

Yannick Dahan : Même si j’aime Martyrs ou Frontières et tous leurs excès, j’ai fini par en être saturé. Ça ne servait à rien d’en rajouter une louche. Surtout que des mecs l’ont fait mieux qu’on aurait pu le faire. Nous nous sommes orientés sur l’action et l’humour plutôt que sur un radicalisme.

La particularité des récents films d’horreur français est de s’ancrer dans un contexte social, généralement la banlieue. La Horde l’est assez peu.

Y.D. : Parce que ce n’était pas un choix volontaire de thématique au départ. On ne s’est pas dit : faisons un film avec un sous-texte social. Mais il s’est avéré que l’économie du film faisait qu’on avait besoin d’un décor unique. Le tout premier point de départ du film était l’idée de quatre flics qui partaient régler des comptes en banlieue, le choix s’est donc vite fait sur une tour de cité. Mais une fois qu’on est à Clichy-sous- Bois et qu’on voit ce qui s’y passe, on ne peut pas non plus fermer les yeux et faire comme si ça n’existait pas. Ça nous aurait été reproché. Donc, d’un côté on ne pouvait pas occulter une réalité, mais de l’autre, qui est-on pour donner des leçons à qui que ce soit sur la banlieue ?

B.R. : L’équation banlieue + zombie fait naître une lecture sociale de notre film. On n’avait pas besoin d’insister sur le sujet. Difficile de faire un film de zombie sans des passages obligés, des influences graphiques, même inconscientes.

Est-ce que c’est un écueil ou un avantage ?

Y.D. : Trop de références peut être gavant, mais tout dépend comment on les amène. Je trouve ça atroce dans Inglourious basterds et génial dans Kill Bill 2… En termes de scénario, je considère que tout à été écrit. Par ailleurs, une influence est souvent inconsciente. Mais après tout, vu comme je me plains de ne pas voir certaines choses dans le cinéma français, quand on me donne l’occasion de réaliser un fantasme, comme la scène sur le capot de la voiture, pourquoi s’en priver ? On l’a déjà vue ailleurs ? Le cinéma de genre, ce n’est de toutes façons que des variations sur des mêmes thèmes.

B.R. : À quoi s’ajoute l’imaginaire actuel des geeks : des passionnés d’images, qu’elles viennent de la bd, du cinéma ou du jeu vidéo… Tout cela crée des outils narratifs. Il serait con de ne pas les utiliser.

Propos recueillis par  El Borbah.

La Horde de Yannick Dahan & Benjamin Rocher. Avec Claude Perron, Jean-Pierre Martins, Eriq Ebouaney… Sortie le 10.02

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