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Matali Crasset

Mattali Crasset © Patrick Gries, courtesy Justin Morin

Renaissance

Nom : Matali Crasset
Profession : designer industriel
Âge : 43 ans
Signe particulier : coupe de cheveux fonctionnelle, futuriste et intemporelle à la fois

Très tôt, Matali Crasset a su mettre en place une méthodologie qui l’a différenciée des autres. Parmi ses créations, des espaces, des structures et des objets actuels qui cherchent à donner du sens au monde d’aujourd’hui. Point de navettes spatiales en vue, donc, ni de formes qui se prétendraient nouvelles ! Sa philosophie ? Des idées engagées qui s’appuient sur l’observation de nos rituels domestiques pour les requalifier et les replacer à échelle humaine. Plus simplement, elle regarde les gens vivre... et questionne l’évidence apparente des codes qui régissent nos vies. Pourquoi ne pas sortir nos maisons de leur inertie ? C’est vrai, tout bien considéré, pourquoi dort-on toujours à la même hauteur ? Pourquoi nos fauteuils adoptent-ils plus ou moins toujours la même inclinaison ? Sur sa lancée, Matali Crasset nous explique que le design des canapés est assez symptomatique du phénomène : leur ergonomie, imprégnée de siècles d’histoire, nous fait monter les épaules parce qu’il s’agissait d’assises de prestance. Matali Crasset, elle, veut faire des fauteuils pour décompresser et s’affranchit des codes du passé. C’est en véritable scénographe qu’elle déjoue les lieux communs et propose de nouveaux scénarios de vie, plus adaptés à nos besoins. Ses projets expérimentent de nouvelles logiques dans un style qui privilégie la modularité, le réseau, l’appropriation et l'hospitalité. Notre cadre de vie devient un espace flexible, à l'image de l'Hi Hôtel à Nice, sa petite fierté ! Ce lieu fait pour les curieux compte neuf chambres pensées par la créatrice, toutes réalisées suivant le principe d’un design à vivre, sous la forme d’un grand « plateau » modulable.


Scène d’intérieur

Cette grande figure du design industriel français qui s'expose, entre autres, au Musée des Arts décoratifs et au MoMA a su garder sa simplicité. En hommage à ses origines modestes ? Par éducation ? Dans tous les cas, quand on lui demande quel type de personne elle pense incarner dans l’imaginaire des gens, elle penche pour une figure maternelle et bienveillante, même si elle est consciente que de prime abord, ce n’est pas forcément l’image qu’elle véhicule. C’est sûr, avec sa coupe à la Spock et ses vêtements flashy, on est loin de l’imagerie d’Epinal… Son lieu de travail ? Un espace dédié chez elle, pour une petite structure de quatre personnes. Oui, car, côté jardin, Matali Crasset mélange sans façon, vie privée et
vie publique. Son Home Sweet Home mêle prototypes et objets de designers qu’elle affectionne particulièrement et avec qui elle a travaillé comme Denis Santachiara ou Philippe Starck.

Elle regarde les gens vivre... et questionne l’évidence apparente de nos codes

On y trouve également des pièces des années 60-70 parce que « ça correspond bien à ce que je défends : des matières facile à vivre, des structures plutôt intemporelles, modulables et évolutives… ». Mais n’y cherchez pas de télévision, elle s’y refuse car nul besoin d’un tube cathodique pour s’ouvrir sur le monde ! Ses richesses, elle les trouve essentiellement dans la presse écrite ou dans des ouvrages en rapport à la sociologie ou à l’ethnologie contemporaine. Ce qu’elle en retient c’est qu’il ne faut pas avoir peur de bouger, d’avoir une certaine emprise sur sa vie, sur son quartier… Enfin, quand on la questionne sur le futur, Matali Crasset répond : « On vit une époque formidable où tout est à réinventer ! Je pense aussi que la France a cette capacité à se régénérer ». / Delphine Marc

❥ à découvrir, le site : www.matalicrasset.com - le blog : blog.matalicrasset.com

Visuels :
- Nature morte à habiter © Charles-Duprat Courtesy Galerie Thaddaeus Ropac
- Matali Crasset © Patrick Gries, courtesy Justin Morin

Nature morte à habiter © Charles Duprat, courtesy Galerie Thaddaeus Ropac

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