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Laurent Garnier vend du rave

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Précurseur de l’électro en France, Laurent Garnier revient, après 4 ans d’absence, avec un album transgenre qu’il défend en live aux quatre coins du monde. Rencontre avec un musicien du troisième type...


 

Tes premiers jours de 2010, tu les as passés au Japon…

Laurent Garnier : Quand on m’a annoncé une date au Japon pour le nouvel an, j’ai tout de suite accepté. Le Japon, c’est ma « petite drogue », j’ai besoin d’y aller régulièrement pour prendre un shoot d’adrénaline, une injection de bonté, de gentillesse, de public super ouvert. J’ai besoin de ça pour mettre du charbon dans mon train.

Tu tournes depuis 9 mois avec ton dernier disque, comment s’est construit ce live ?

L. G. : Tales of a Kleptomaniac (Pias, 2009) est rythmé, coloré, musical... Nous faisons de longs morceaux qui défendent une conception radicalement musicale et qui racontent une histoire moins hachurée et moins chaotique que ce qu’on peut entendre aujourd’hui. En ce moment, d’un côté, tu as les trucs très chaotiques, très rapides et de l’autre, tu as des morceaux de minimal extrêmement épurés qui m’ennuient aussi. Nous sommes au milieu.

Comment se déroule ton processus créatif ?

L. G. : Il n’y a aucune règle. Je peux me retrouver en studio et essayer une nouvelle machine ou alors prendre un clavier et trouver un son qui me plaît. Un morceau comme « Gnanmankoudji » m’est venu après que j’ai regardé The Last King of Scotland. « Dealing With the Man », c’est après avoir écouté une piste qu’Iggy Pop a fait avec un jazzman. Il n’y a vraiment pas de règle. Une news à la télé, un coup de téléphone ou un son... Mon inspiration se trouve partout. C’est très exaltant, très excitant, mais c’est toujours un peu douloureux de faire de la musique.

Es-tu sensible à la critique ?

L. G. : Plein de gens disent qu’ils n’y sont pas sensibles, je n’y crois pas une seule seconde. Je ne peux pas croire que tu fasses quelque chose avec passion et qu’une critique méchante ou dure te laisse de glace. C’est vrai que quand je fais de la musique je l’assume complètement, je peux la défendre, je sais pourquoi je la fais. Et je peux tout à fait concevoir que ça ne plaise pas à tout le monde... Mais quand tu y mets de toi et que l’on vient t’écorcher, ça fait mal.

Plus libre en dj ou en live ?

L. G. : Les deux. Peut-être un peu plus en dj parce qu’on a la possibilité de changer l’ambiance en deux secondes et de pouvoir s’adapter à la piste. En live tu peux changer un morceau, bouger un peu ton tracklisting mais tu es quand même tenu avec les 10 ou 12 morceaux que tu allais jouer. Tu n’as pas 800 ou 1000 tracks dans tes caisses. Par contre, ce que j’adore en live c’est de courir vers un musicien, lui chantonner un truc dans l’oreille, lui faire faire en direct. Les gens voient que nous sommes très organiques sur scène. Et avec le temps, j’ai l’impression d’être plus créatif en live qu’en dj.

Dj, musicien, producteur, comment te définis-tu ?

L. G. : Je distribue des petites particules de bonheur, je suis un public entertainer. En live ou en set, je compose avec les gens. Je change la cadence, je rallonge un morceau parce que je sens que ça prend et qu’il se passe un truc spécial. On vend du voyage, du rêve... Moi, j’aime tout à petite dose. Et j’aime être surpris à haute dose. Les choses aujourd’hui sont toujours plus formatées et donc de plus en plus chiantes. Alors qu’en fait, notre métier c’est de surprendre les gens, de les prendre à rebrousse poil, de les énerver, de faire monter une larme. La musique, c’est du partage.

Propos recueillis par  Léa Daniel.

Laurent Garnier le 29.01, 22 h 30, Bikini, 22 € / 23 €, 05 62 24 09 50, www.lebikini.com

laurent garnier

Date à venir

29 janvier 10
Laurent Garnier 2010-01-29T22:30:00+01:00 2010-01-30T00:00:00+01:00 23€-22€
22:30

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