Hachim Bahous : Les 7 vies du Hach'
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« Ça fait vingt ans que je graffe, que je suis investi dans la culture hiphop, mais comme j'ai toujours évolué dans l'underground, officiellement je n'ai rien fait », prévient Hachim Bahous, aka Isham. L'ancien MC du groupe Law DMD n'a pourtant pas à rougir de son parcours, aussi rocambolesque soit-il. Car aujourd'hui, sa reconnaissance dépasse largement l'Hexagone et son nom est gravé dans le Bronx.
Dans les années 1990, alors qu'il organisait des soirées hip-hop à Lille, le rap français n'en était qu'à ses balbutiements*. Dans le Nord, c'était même carrément le désert. Mais Hicham et son crew avaient dégoté LA source de bons sons « made in US » : la base de l'OTAN à Mons. Une oasis, planquée à deux pas de sa ville natale, Maubeuge, qui diffusait une radio hip-hop de qualité. Et qui gérait la boîte Le Las Vegas, véritable mine d'or « de dj ricains ». Tous les samedis, après une bonne mitraillette- picalili, il y allait s'abreuver de Public Enemy, Run-DMC, NWA, Eric B & Rakim ou KRS One... « C'était super pointu. On a croisé là-bas les gars d'NTM, d'IAM ou d'Assassin, venus exprès alors que nous, limite, on y allait à pied. On avait beau habiter Maubeuge, on était hyper au fait des derniers crus hip-hop. Les mecs, à Paris ou Marseille, ils bavaient en écoutant nos K7. »
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Du graffeur au graphiste À l'époque, Hachim jongle entre le mic' et la bombe, un art auquel il a été initié sur le tard par un de ses amis parisiens. Isham One, son pseudo, s'est vite fait un nom. Jusqu'à Brooklyn et dans le Bronx, où il se mêle aux tags des pionniers du graff, « des mecs qui méritent bien plus de reconnaissance que tous ces petits jeunes qui font du street art en galerie ». Inspiré par ce travail « de torture de l'alphabet », Hachim se lance dans des études d'arts plastiques. Il abandonne l'écriture et les sessions d'enregistrements pour s'adonner à la peinture. Des toiles au fusain et à l'acrylique, histoire de trancher avec le graff et la rue. Mais il ne délaisse ni les soirées, ni la culture hip-hop qui se retrouve déclinée sous les traits récurrents du b-boy et des baskets. Comme si ce n'était pas assez, Hachim s'essaye à l'infographie. Très vite, il se bâtit une solide réputation en réalisant les pochettes de nombreux rappeurs hexagonaux, d'Amadou et Mariam ou encore le DVD de la Mano Negra... Comble du succès, il séduit Michael Jackson himself, en signant la pochette du dernier Best-Of réalisé de son vivant. C'est dire. Pour un type qui a passé quelques années de sa vie dans des squats, l'ascension est impressionnante. Mais Hachim Bahous souhaite enfin pouvoir vivre de ses peintures. Pour la première fois de sa vie, il expose seul, jusqu'en janvier, à la maison Folie de Moulins. /
texte & photo ¬ Judith Oliver
* « Il y avait moins de writers, moins de dj's, moins de boites, de clips, d'argent, de Versaillais et de drogues. Il y avait plus de fachos, de respect, de franchise, de naïveté dans les textes. On croyait encore au « hold-up mental ». Entretien avec Hachim Bahous, La Voix du Hip-hop, 13.11.2008
❥à voir / Witness of Chaos, jusqu'au 18.01, Lille, maison Folie de Moulins, mer>dim,
14h>18h, fermé du 21.12 au 5.01, +33 320 95 08 82
www.hbdistrict.com // Voir création originale pour Let'smotiv p.130
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