Logo LetsMotiv
Accueil > Théâtre-Spectacle > Interview

Meg Stuart en famille

Scream Puppy © David Bergé

Sans doute, « ça » ne ressemble pas à l’idée que vous vous faites de la danse. Mais pour Meg Stuart, la chorégraphe américaine installée à Bruxelles, la danse va bien au-delà des codes. En résidence pour trois semaines au Théâtre Garonne avec sa compagnie Damaged Goods, elle crée Do Animals Cry, une pièce qui veut encore une fois secouer nos sens endormis.

Do Animals Cry se situe dans l’antre familial. Aviez-vous déjà exploré ce sujet ?

Non, bien que je m’intéresse aux relations intimes et complexes qui relient les êtres ; aux tensions qui naissent entre désirs/pensées et actes ; à la permanence ou non de la mémoire. La famille est certainement un microcosme privilégié à cet égard, ce qui place cet opus dans la continuité de mon travail.

Est-ce une vision cruelle de la famille ?

Pas vraiment. Certes, on peut voir la famille comme source de problèmes et de drames, comme un royaume de l’hypocrisie. Mais elle est aussi le lieu du réconfort. Nous avons surtout voulu montrer comment nous reproduisons les modèles de nos aînés, que nous le voulions ou non. Comment, chaque jour, nous nous retrouvons dans des situations qui exigent que nous jouions un rôle.

Contrairement à votre habitude, vous n’avez pas collaboré pour cette pièce avec des artistes venant d’autres disciplines : vidéastes, scénographes, plasticiens. Pourquoi ?

Je n’en ai pas éprouvé le besoin, même si quelques fidèles sont là [le dramaturge Bart Van den Eynde, le compositeur Hahn Rowe...]. Je crois que la matière fournie lors des improvisations avec les danseurs a été particulièrement riche. Vous savez, les danseurs ne sont pas des marionnettes, ils ont une histoire, une famille, des expériences qui deviennent sources d’inspiration.

Pourquoi aller chercher du côté d’autres arts ? La danse ne se suffit-elle pas comme moyen d’expression ?

C’est parce que la danse dépasse la vision qu’en ont la plupart des gens que j’éprouve le besoin de « déborder » le cadre convenu de cet art. Je veux démontrer que le corps possède un langage propre, qui s’exprime dans les gestes les plus infimes et quotidiens. Il est capable de révéler ce qui est difficile à énoncer. Il est là où le langage échoue. Des corps peuvent engager des conversations agréables, ou pleines de tension ! Je veux aussi montrer comment il est possible qu’un corps se transforme. Ainsi dans Do Animals Cry, les rôles sont interchangeables, on peut jouer à être un autre, à remonter dans le temps. Le corps n’est pas un objet fixe et muet. Il vit, il dit !

/ Propos recueillis par Valérie Lassus

photos ¬ Tina Ruisinger, David Bergé

❥ Do Animals Cry
Du 22 au 26.04, à partir de 17h, Théâtre Garonne, Toulouse, de 11 à 20 €, 05 62 48 54 77,
www.theatregaronne.com / www.damagedgoods.be

Meg Stuart © Tina Ruisinger

Dans la même rubrique

Robyn Orlin : Kissed by the sun

Marie-Claude Pietragalla : une étoile au zénith

Sous le Volcan : Interview avec Guy Cassiers

Didier Carette remet le couvert !

Emma Dante: Le sang, la sueur et les larmes

Insaisissable Novarina

News

Agenda

Festivals

Les-EnchanteursGarorockLes-Eurockeennes-de-Belfort-2010

Portfolio Arts / Expos

Nils Riedweg : Pool

Nils-Riedweg-PoolNils-Riedweg-PoolNils-Riedweg-PoolNils-Riedweg-PoolNils-Riedweg-PoolNils-Riedweg-Pool

Portfolio Mode

Canicule

CaniculeCaniculeCaniculeCaniculeCaniculeCanicule

Chroniques

Disques / Livres / Dvd

La-fine-equipeLe collectif Beatmakers revient avec le projet Fantastic Planet pour nous offrir une des plus belle surprise de ce début d'année.GagadiloCap sur l’Afrique, les Balkans et la Jamaïque donc pour ce voyage au cours duquel on passera faire coucou à Fela Kuti avant de boire l’apéro avec les Balkan Beat Box et de finir par fumer le calumet de la paix entouré des Skatalites et de Groundation.TamikrestTamikrest livre avec son premier album, un trait d'union envoûtant entre tradition et modernité de la culture touareg.GonjasufiA-Sufi-and-a-Killer

Comme il est délicieux, parfois, de se planter. Le mois dernier, on s’attristait de la gueule de bois de Warp, 20 ans à peine, qui signait Lonelady (pas mal, mais bon…). Et là, sans coup férir, le label de Sheffield publie l’œuvre de la décenn… bon, l’un des grands albums de 2010, au moins.

Toro-y-MoiCausers-of-This

Il est déroutant, ce premier album. Non seulement à cause du curieux sobriquet de son auteur américain, mais surtout pour ce qu’il contient.

Borken-BellsBroken-Bells

C’est le marronnier du mois : l’album avec un Danger Mouse caché dedans. Sauf que cette livraison mensuelle du rongeur mûrit depuis une bonne paire d’années. À ses côtés, une vieille connaissance, James Mercer, leader des Shins (auteur du mirifique Chutes Too Narrow, 2003).

Sonya-HartnettUne-Enfance-Australienne

En un roman aussi bref que prenant, Sonya Hartnett parvient à rendre prégnants les tourments de l’enfance.

GremsGrems

En quelques lignes bien senties, avec un soutien photo de qualité, se dévoile une monographie exhaustive de Grems, artiste prolifique s’il en est.

 

Frank-GiroudDestins

L’auteur du Décalogue et de Quintett est un scénariste BD particulièrement créatif. Avec des dessinateurs différents, il signe Destins, un cycle ambitieux dont paraissent les trois premiers épisodes.

Marie-Dominique-LelievreSaint-Laurent-Mauvais-Garcon

Marie-Dominique Lelièvre, portraitiste de Libération, dont la mère défila dans la célèbre robe Mondrian, a enquêté sur le «roi de la mode» né à Oran en 1937

Philippe-ClaudelLe-PaquetC’est l’histoire d’un homme seul avec un gros paquet. Du début à la fin, on se demande si ce monologue enfiévré est prononcé par un simple être humain ou par le dernier homme sur terre.Milena-AgusQuand-le-Requin-Dort

Morceaux-de-conversations-avec-Jean-Luc-GodardMorceaux de conversations, suivis de Sept rendez-vous (une série de visioconférences, soit un total de 4 dvd) développent plus qu’une théorie ou une leçon : une vision grand V du cinéma, où se mêlent Histoire, politique et métaphysique.MorseRigueur du cadre, images léchées, ellipses malignes : Tomas Alfredson englobe film de genre et film d’auteur avec un sens aiguisé de l’écriture.Nightmares-and-DreamscapesNightmares & Dreamscapes adapte huit nouvelles, majoritairement issues du recueil Rêves et cauchemars.The-Sky-CrawlersThe Sky Crawlers dernier film de Mamoru Oshii est un mélange de dessin traditionnel et de 3D dont l'intrigue tourne autour de la cyber-métaphysique.United-Red-ArmyKoji Wakamatsu retrace l’histoire de l’Armée Rouge Unifiée, équivalent japonais de l’allemande Red Faction Army.A-coteStéphane Mercurio s’intéresse aux familles de prisonniers, essentiellement des compagnes, attendant l’heure du parloir aux portes de la prison de Rennes.