Pierrick Sorin, en duplex depuis Mars
Théâtre/Spectacle > Interview | Mots clés : vidéo Zoom Arrière Méliès exposition-parcours magie
4 installations vidéo, 8 films, 10 théâtres optiques, 2 créations interactives, 4 clips musicaux, 2 performances, c’est le parcours agité de cette exposition proposée dans le cadre du festival Zoom arrière de la Cinémathèque, sur le thème « Magie et cinéma ». La magie au cinéma ? Elle a commencé avec Georges Méliès (1861-1938), prestidigitateur et réalisateur, dont le cinéaste Pierrick Sorin est le digne descendant.
Même si cette exposition est conçue comme un hommage à Méliès, peut-on voir ce parcours comme une rétrospective de votre oeuvre depuis vos débuts dans les années 1990 ?
C’est un panorama assez complet mais non exhaustif, car il manque mes travaux fondés sur le réel, l’intimité, ainsi que ceux qui ne comportent pas d’aspect « magique ». Les oeuvres exposées ont été choisies en fonction des connexions qui me lient au cinéaste-inventeur.
Si l’on voulait synthétiser votre travail, que dirait-on ?
J’explore deux pistes. La première est guidée par une vision assez pessimiste de la société, exprimée sous une forme humoristique, sans doute pour rendre cette vie absurde plus supportable. L’installation géante Une vie bien remplie en est l’illustration type, en montrant comment la répétition de gestes quotidiens un peu ridicules fondent une existence vide. La seconde suit cette fascination pour la magie visuelle qui me rapproche de Méliès. Là, c’est l’objet en tant que tel qui me plaît, avec, sous-jacente, une critique ironique pour les artistes qui se prennent trop au sérieux : l’artiste est aussi un amuseur.
Vous êtes l’acteur et le metteur en scène de vos oeuvres. Quel rôle préférez-vous ?
De loin celui de concepteur-bricoleurinventeur-metteur-en-scène. Je suis à l’aise avec tout ce qui est derrière la caméra. Par contre, je n’aime pas « jouer au comédien ». C’est surtout une facilité quand on travaille seul, que l’on fait de multiples essais. Les rapports sont plus directs ! Quelle est votre relation à l’image ? Cela dépend des pièces. Parfois, j’aime travailler l’image pour elle-même, comme dans Chorégraphie d’aujourd’hui où mon personnage holographique danse dans un aquarium. Ma position est un peu ambiguë. Pour moi, la technique est une forme de poésie, donc elle doit être visible. Une création qui fait appel à peu de moyens et à un esprit malin est plus belle à mes yeux que les meilleurs effets spéciaux des films à gros budget. Pour cette raison également, je préfère le muet. C’est mon écriture, pour amuser, et faire réfléchir si on veut aller plus loin. / Propos recueillis par Valérie Lassus
❥ Pierrick Sorin – Méliès, une exposition-parcours très animée
6 au 13.03, de 14h à 22h , TNT, Toulouse, de 0 à 6 €, 05 34 45 05 05, www.tnt-cite.com

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