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MAP 2011, le mois de la photographie à Toulouse



La troisième édition du Festival de la Photographie de Toulouse s’achèvera le 31 mai. Au programme : 27 expos, 138 artistes participants, 10 ateliers photo et un week-end de rencontres avec des professionnels. Fidèle à sa vocation de tremplin pour jeunes talents,
le MAP – abréviation de « Mise Au Point », du nom de l’agence de communication organisatrice – s’est très vite affirmé comme l’un des plus gros événements du calendrier culturel toulousain. Son point fort ? Il est entièrement gratuit. Cette année, il devrait ainsi attirer plus de 80 000 visiteurs.

 

Prestigieux invité du MAP l’an dernier, Eliott Erwitt avait déclaré : « Si j’avais pu participer à un radio-crochet comme celui-ci à mon époque, je serais allé beaucoup plus vite dans ma carrière ». En une phrase, le photographe américain de 83 ans venait de résumer l’ambition de Jean-Stéphane Cantero et Pierre Garrigues, fondateurs de l’agence de communication Mise Au Point et organisateurs du festival : donner, aux grands photographes de demain, l’espace d’expression qui leur fait défaut aujourd’hui. Et quel espace ! Une ville entière. Toulouse.

 

Des initiatives originales
Le clou du festival « MAP11 » est l’expo géante « Real Life Super Heroes » : dix clichés de Pierre-Elie de Pibrac (28 ans) développés dans des formats allant jusqu’à 10x15 m et disséminés dans toute la ville (aéroport, stade Ernest- Wallon, hôtel Mercure, Casino Barrière…). Ce reportage insolite met en scène ces super-citoyens américains perfusés aux comic books qui, vêtus d’un masque, luttent contre la délinquance ordinaire et viennent en aide aux sans-abris de leurs villes.

Tout aussi remarquable, Sebanado présente « The Love Boat », une série d’impressions douces, estivales et colorées, flottantes comme dans un rêve… comme à bord d’un paquebot sur la mer Méditerranée (à la Galerie Passage de l’Art, 5 grande rue Saint-Nicolas). De son côté, la Médiathèque José Cabanis accueille « L’Europe à 27 » du photographe bulgare Vladimir Vasilev (voir notre interview).

Sans aucun complexe, le MAP s’assume amateur, avec des initiatives sympas et originales. Le rugbyman du Stade Toulousain Clément Poitrenaud et le joueur du TFC Matthieu Valverde se sont ainsi improvisés reporters dans l’intimité des vestiaires. Résultat : deux séries en noir et blanc, d’une dizaine de tirages chacune, qui auraient pu s’appeler « Vis ma vie de sportif de haut niveau » (« Regards Croisés » sur la promenade Henri Martin).

Dans la même veine, des fonctionnaires de l’Hôtel de Police de Toulouse proposent, en grand format, une plongée dans les coulisses de leur lieu de travail (Port Viguerie).

 

Culture pour tous
Si le MAP avait une devise, ce serait sans doute : « Si tu ne vas pas à la photo, la photo ira à toi ». « Qui, aujourd’hui, se déplace dans les galeries d’art ? Une minorité d’amateurs éclairés », constate Pierre Garrigues. Le pro de la com’ résume son ambition en une modeste formule : « Notre public, c’est le grand public ». Et ça marche : 82 000 visiteurs l’an dernier, dont un tiers venant de l’extérieur de la région.

Malgré ce succès, certaines voix s’élèvent. Les représentants du milieu de la photo en Midi-Pyrénées crient à la démagogie, à la politique du chiffre et à l’absence de véritable ligne artistique. Plutôt que d’éduquer à la photographie, le festival tirerait le public vers le bas. Jean-Stéphane Cantero se défend : « Nos expositions ne sont pas sélectionnées selon un thème général, mais le choix est sérieusement délibéré par un comité de « sages », constitué d’une dizaine de professionnels ».

Et si les organisateurs tiennent leur budget secret, ils précisent tout de même que 85 % de celui-ci provient de partenariats avec des entreprises (Fujifilm, Olympus ATR…). « Nous ne bénéficions d’aucune subvention publique. Nous ne dépendons donc pas de l’argent des contribuables ».

Il n’empêche : la Mairie et la Région affichent leur soutien en mettant à disposition de l’événement des lieux publics hors-normes comme les berges de la Garonne, la place Saint-Georges, les Arcades du Capitole ou les jardins des Abattoirs… La « culture pour tous » aurait de beaux jours devant elle ? /

 

❥ Détails et programme complet sur www.map-photo.fr


Hadrien Gonzales
publié le Mardi 03 Mai 2011

 

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