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Maisons de Mode



20e édition du Marché des Modes,
11>13.05, Roubaix, ENSAIT et Vestiaire, ven, 16h>21h, sam & dim, 11h>19h, entrée libre,
+33 (0)3 20 999 120, www.maisonsdemode.com
Maisons de mode
Lille, Rue du Faubourg des Postes, Roubaix, Avenue Jean Lebas, mer> sam, 14h>19h

Ambiance Mad Men à l'Ensait de Roubaix. Dans la cour d'honneur de la prestigieuse école d'ingénieurs textile bruissent jupes à froufrou et autres robes cintrées. C'est que, pour le 10e anniversaire du marché des modes, la centaine de stylistes et accessoiristes invités s'est mise sur son 31. Façon Happy Fifties. Sur les stands, c'est une autre affaire. On trouve de tout, du sac en agneau à la bague en domino, du diadème aux tuniques en mousseline de soie. Une mode alternative, loin des standards de la grande distribution et des prix de la haute couture... Bref, la marque de fabrique des événements Maisons de Mode.

Depuis quelques années, le Marché des modes bat des records de fréquentation. Au printemps (mai) comme en hiver (décembre), 15 000 personnes en moyenne défilent parmi tables et portants. « La diversité du public m'étonne toujours » s'amuse Lucy Wattel-Coll, responsable de la communication de l'association lilloise. Depuis sept ans, elle se prête au même jeu : s'asseoir sur les marches et observer. « Il y a de tout. Des femmes d'âge mûr, des fashionistas apprêtées à l'affût des plus belles pièces, des familles, mais aussi des jeunes branchés encore à moitié dans leur soirée de la veille. C'est réjouissant, on a réussi notre pari : prouver que la mode n'est pas réservée aux élites ». Et en effet. Du Marché des modes à la Nuit des soldes, des Fashion parades aux 48h Maisons de Mode, l'association est passée maîtresse dans l'organisation d’événements grand public - et gratuits ! - dédiés à la jeune création textile. Dans le viseur, un objectif : hisser la métropole lilloise sur le podium des villes « in » de la mode. Tube à essai Car au delà des rendez-vous ponctuels, depuis sa création en 2006, Maisons de Mode mène un travail de fond. Histoire d'en découdre avec l'image d'une région trop souvent associée à la production industrielle et la grande distribution. « L'idée c'est de faire émerger un marché de prêt-à-porter créateurs, ce chaînon manquant entre les dentelliers, les écoles d'excellence et les grandes enseignes du territoire », explique Lucy Wattel-Coll. Et de poursuivre : « Maisons de mode fonctionne comme une grosse couveuse. On identifie de jeunes stylistes et accessoiristes désireux de monter leur propre marque. Puis, on leur présente un panel de dispositifs pour se lancer et devenir de vrais chefs d'entreprise ».

Car ce n'est pas le tout de tenir un crayon, il faut pouvoir modéliser, communiquer, démarcher, être un bon gestionnaire... « On n'imagine pas le boulot que ça représente, ni le nombre de casquettes avec lesquelles on doit jongler » confie Tristan Besnard, jeune pousse fraîchement arrivée. Comme les 40 créateurs passés par Maisons de Mode depuis 2008, il profite des ateliers et conseils pour monter sa collection, se mettre à la comptabilité et peut envisager sereinement sa participation à Scoop, un prestigieux salon londonien. Dans le rétro L'originalité de Maisons de Mode tient aussi à son ancrage dans les « quartiers off » de Lille Sud et Roubaix. Cette pépinière aurait pu être installée dans le Vieux-Lille, au plus près d'une clientèle branchée au fort pouvoir d'achat, mais « noooon.... on aime bien, nous, le cocktail un-kebab-une-boutique-decréateur façon Brick Lane, dans l'East London ! Et puis, c'était pas le but » s'amuse Lucy, qui rappelle l'origine politique du projet. Initié par les Maires de Lille et de Roubaix, le dispositif s'inscrit dans un vaste plan de réhabilitation urbaine porté par Lille Métropole. Maisons de Mode doit permettre le renouveau du textile, mais surtout la reconversion de quartiers défavorisés. « Bien sûr, ce n'est pas cela qui fera, à lui seul, disparaître le taux de chômage et les difficultés de Lille-Sud », admet Lucy, « mais on contribue à transformer son image, à l'associer à autre chose que des voitures brûlées de l'autre côté du périph' ».


Judith Oliver
publié le Vendredi 27 Avril 2012

 

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